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Et si c’était d’améliorer l’état du monde? Muhammad Yunus

         à Montréal incite les jeunes à utiliser leur pouvoir et leur talent pour gagner beaucoup plus que de l’argent

28 mai 2014 | Le Devoir | Mélanie Loisel | Actualités économiques

Les plus jeunes générations ont des superpouvoirs

En mettant les pieds à la conférence de C2MTL qui se déroule jusqu’à jeudi à Montréal, le célèbre économiste bangladais Muhammad Yunus était rempli d’espoir à la vue de tous ces jeunes, ces artistes et ces entrepreneurs réunis pour discuter d’innovation, de création et de commerce. Il ne pouvait trouver meilleur endroit pour parler de son concept « d’entrepreneuriat social » qui permettra, selon lui, de lutter contre la pauvreté dans le monde.

« Les plus jeunes générations ont des superpouvoirs », lance M. Yunus lors d’une entrevue de 10 minutes top chrono accordée au Devoir.« Elles sont très puissantes parce qu’elles ont accumulé des connaissances et maîtrisent parfaitement les technologies. Elles ont vraiment une force unique qui peut être utilisée pour aider à améliorer le sort du monde »,dit-il.

Le fondateur de la Grameen Bank, qui a développé le microcrédit et a reçu le prix Nobel de la paix en 2006, était donc là pour les convaincre d’utiliser leurs « superpouvoirs » afin de créer des entreprises sociales dont le but n’est pas de faire le plus de profits, mais bien de résoudre des problèmes, que ce soit de santé, de logement ou d’environnement. En fait, il propose de créer autant des petites que des grandes entreprises où il n’y a ni perte ni dividende. Certes, les entreprises peuvent gagner de l’argent, mais leurs profits doivent être réinvestis afin d’améliorer l’accès, la qualité et le prix des produits offerts.

« Avec l’entrepreneuriat social, l’idée n’est pas de faire de l’argent, mais bien de créer des conditions de vie plus humaines », spécifie M. Yunus, qui est connu comme étant « le banquier des pauvres ». À l’écouter, il est plus que temps de ramener « les enjeux sociaux » au coeur de l’économie mondiale. « Dans le monde des affaires, il devrait y avoir plusieurs choix et pas seulement le choix de faire de l’argent,affirme-t-il. Il est temps que les gens se demandent quels sont leurs véritables buts dans la vie. »

Si vous vous posez la question, Muhammad Yunus vous prévient déjà qu’avoir un bon emploi, une maison ou encore une voiture n’est pas un « but dans la vie. » « Si on veut avoir une bonne vie, être heureux, il faut oeuvrer à améliorer notre environnement pour qu’il soit sain », mentionne-t-il. Et tant que la pauvreté ne sera pas enrayée dans le monde, le Prix Nobel de la paix soutient que ce ne sera pas possible de l’être pleinement. « La pauvreté est la cause de tous les problèmes », lâche-t-il simplement.

C1essurd2ernières années, des progrès ont tout de même été réalisés alors que de nombreux pays o2n0t14r0u5-s2s9i 15:40 atteindre les objectifs du millénaire fixés par l’ONU dont le premier était de réduire de moitié le taux de

pEatusivlreestvra.ie«s aJfefacirreos,isc’éqtauiet dleamprliocrehral’intaot dbujemcotnifded?o|iLt..m. aintenant httpr:e//wdwewr.ledueviroeir.com/epcolèntoemmie/eancttuallaiteps-aeucovnroemtéiqudesi/c4i0… 2030 »,avance M. Yunus en rappelant que les Nations unies doivent revoir leurs objectifs l’an prochain. À son avis, il ne faut pas attendre après les gouvernements pour réussir à relever cet immense défi qui semble à première vue insurmontable.

« C’est aux gens à remettre en question et à changer les structures en place pour instaurer celles qu’ils désirent », indique-t-il. « Les plus jeunes générations se doivent de se débarrasser des vieilles façons de faire, des vieilles mentalités, si elles veulent créer un autre monde où il y aura moins de problèmes », ajoute-t-il.

Selon l’économiste bangladais, il devrait même y avoir un « point de rupture ». « Les jeunes vont devoir faire un grand saut s’ils veulent redéfinir leur vie et l’économie mondiale. S’ils essaient de faire les changements graduellement, ce ne sera pas possible, parce que les vieilles méthodes vont reprendre le dessus »,pense-t-il.

Muhammad Yunus ne rejette tout de même pas du revers de la main « les expériences du passé. » Certes, il propose de revoir la façon de concevoir l’économie, mais il le fait en se posant une grande question : qu’est-ce qui peut être créé pour améliorer notre sort ?

« Dans le temps, on utilisait des chevaux pour se déplacer, puis on a fait une calèche. Un jour pour aller plus vite, on s’est demandé ce qu’on pourrait fabriquer pour y arriver. C’est là qu’on a inventé le moteur. C’est le moteur qui est venu tout changer. À partir de lui, on a décidé de construire quelque chose qui est devenu l’automobile. On a ajouté des roues, une carcasse, autour du moteur. Pour moi, l’entrepreneuriat social, c’est le moteur qui changera tout »,donne-t-il en exemple. « Et maintenant que l’entrepreneuriat social existe, faisons en sorte qu’on ajoute des éléments autour de ça pour continuer d’innover », propose-t-il.