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Journée du livre haïtien: rassembler deux imaginaires

L’auteur Rodney Saint-Éloi lancera, dans le cadre de la journée du livre haïtien, son recueil «Nous ne trahirons pas le poème», le samedi 17 août 2019

La journée du livre haïtien, présentée ce samedi au Centre N A Rive, à Montréal, souhaite démontrer toute l’étendue des liens qui unissent aujourd’hui les cultures haïtienne et québécoise
«La littérature haïtienne, ça a toujours constitué le pont, le ciment, qui relie le Québec et Haïti. On ne fait que poursuivre ce qui a commencé il y a une cinquantaine d’années», a indiqué Ninette Piou, directrice au centre N A Rive, l’organisme qui coordonne la Journée du livre haïtien depuis sa première édition en 2008.
«Ce sont deux grands peuples littéraires d’Amérique francophone, le Québec et Haïti. Donc, il y a une véritable passerelle entre ces deux imaginaires-là», a renchéri l’auteur haïtien Rodney Saint-Éloi.

La journée de samedi sera ainsi consacrée aux auteurs d’origine haïtienne ou de sensibilité haïtienne. Ils seront plus de 20 présents sur place, qui pourront témoigner des relations privilégiées qu’entretiennent Haïti et le Québec depuis le milieu du XXe siècle.

La jeunesse sera notamment mise de l’avant lors de cette douzième journée du livre haïtien. La soirée «Bouquet final», qui clôturera l’événement, laissera la place au collectif «Black is the warmest color», ainsi qu’à plusieurs jeunes auteurs.
«Cette année, d’une certaine manière, on passe le relais d’une génération à une autre», a soutenu Ninette Piou.
Décoloniser
Samedi se tiendra aussi le pré-lancement du recueil «Nous ne trahirons pas le poème», de Rodney Saint-Éloi, pour qui cette journée représente un très beau rendez-vous pour la culture haïtienne.
«Ça montre que la littérature, c’est un lieu où Haïti déploie beaucoup son imaginaire, a-t-il expliqué. Je pense que c’est une véritable bibliothèque haïtienne.»
Le colonialisme et les façons dont on peut se libérer de son emprise sont les thèmes centraux de son nouveau recueil.
«Je travaille beaucoup sur la décolonialité, sur comment on se libère de tout ce qui nous a opprimés. On est dans des univers qui ont été construits par un imaginaire colonial, c’est-à-dire sur l’exploitation, a expliqué l’auteur. Ç’a créé des rapports très difficiles, tous les repères sont coloniaux. Donc, il nous faut renverser les repères.»
La 12e journée du livre haïtien aura lieu ce samedi, à partir de 11 h, Centre N A Rive, situé au 6971, rue Saint-Denis.

Gabriel Beauchemin

– Agence QMI

| Publié le 14 août 2019

https://www.tvanouvelles.ca/2019/08/14/journee-du-livre-haitien-pour-rassembler-deux-imaginaires-1

 

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ARTS ET CULTURE ÉDUCATION POLITIQUE vidéo

Yanick Lahens: “Le français n’est plus la langue de la domination”

L’écrivaine haïtienne, auteure de « Bain de lune » (Prix Femina 2014) et dernièrement de « Douces déroutes », va inaugurer le 21 mars la nouvelle chaire « mondes francophones » au Collège de France.

Elle laisse entrevoir ici la richesse fascinante de l’histoire et de la culture d’Haïti qu’elle va bientôt développer dans les cours qu’elle va donner (et oui, c’est gratuit) au Collège de France à Paris.

Merci la France, vive Haïti !

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Panser les plaies

Alors que des émeutes ravageaient la capitale Port-au-Prince il y a deux semaines, un petit groupe d’artistes et d’artisans de la côte sud d’Haïti ont décidé de manifester eux aussi pour demander que le carnaval de Jacmel soit maintenu malgré les problèmes du pays. La Presse a assisté à une répétition de la fanfare Dolphin’s Band, dont certains membres ont participé à cette manifestation unique lors des derniers préparatifs de l’événement annuel qui a lieu aujourd’hui.
Étienne Côté-Paluck  Collaboration spéciale

JACMEL — 

Plus que quelques jours avant la grande fête. Les musiciens rassemblés répètent une nouvelle pièce, Banm zèl (Donne-moi des ailes), composée précisément pour cette nouvelle édition du carnaval qui débutera aujourd’hui. Au balcon d’un appartement qui surplombe le terrain où se déroule la répétition, les mouvements de danse saccadés d’un homme qui se brosse les dents torse nu se profilent. « Les fanfares sont l’âme d’Haïti », dit Wesly Tibab, l’un des cofondateurs et le plus vieux membre du groupe.
Mais cette année, les entreprises qui commanditent les musiciens qui défilent dans la rue principale de la ville se sont presque toutes retirées en raison des émeutes des dernières semaines. Il ne reste que l’argent de la mairie qui offre certaines bourses après le défilé. « On a investi toutes nos économies dans la préparation du carnaval », raconte Wesly Tibab.
Sur le béton, des instruments à vent coniques en métal, des « cornets », sont disposés en cercle. En plus des percussionnistes, la fanfare est composée de sept « cornettistes », chacun affecté à une note précise de la gamme. Wesly Tibab est responsable du fa, sur toutes les octaves.
Derrière nous, le nouveau Centre de convention et la promenade en bord de mer de Jacmel, tous les deux inaugurés en 2014, sont en partie éclairés par des lampadaires solaires. Ce sont les deux grands chantiers touristiques des dernières années dans la ville. Ils ont été achevés avec l’argent du fonds PetroCaribe qui devait aussi financer l’agrandissement de l’aéroport, annoncé en grande pompe au début de la décennie. La mauvaise gestion de ce fonds de près de 4 milliards de dollars américains est au centre d’un mouvement citoyen anticorruption depuis quelques mois.
la tradition des « bands à pied »
La cadence effrénée de l’orchestre continue de se propager dans le quartier. Cette musique a d’ailleurs des liens autant avec la musique électronique haïtienne, populaire dans les clubs du pays, qu’avec la spiritualité et la culture vaudoue
Esperancia, 10 ans, passe la porte ouverte du terrain de sport extérieur où la répétition se déroule. « J’aime les fanfares parce que j’aime leur musique. J’aime les tambours, j’aime tout », dit-elle en rigolant. Elle passait par là avec sa mère après une promenade sur le nouveau bord de mer de la ville, très populaire auprès des familles. « Une fois, je suis même sortie avec le Dolphin’s Band », raconte-t-elle, en sautillant sur la musique.
La tradition veut que les deux mois précédant le carnaval, les fanfares prennent les rues chaque dimanche après-midi. Ces « bands à pied » sont souvent suivis par des centaines, parfois des milliers de personnes qui dansent.
« Quand tu fais une chanson de carnaval qui concerne l’actualité, elle se retrouve autant dans les manifs que dans le carnaval », explique Gilbert « Zoul » Trazil, l’un des cinq coordonnateurs du groupe avec Wesly Tibab.

Aussi, plusieurs membres de « bands à pied » sont connus pour animer les foules dans certaines manifestations. Les causes à défendre et les injustices sont nombreuses dans ce pays dont l’économie stagne depuis le terrible séisme du 12 janvier 2010. C’est aussi un gagne-pain, puisque les organisateurs politiques ou syndicaux qui mettent parfois sur pied des manifestations engagent souvent des musiciens de fanfare.
« Regardez les chats dans notre pays, chat-chat “mi-mi-miauw”, regardez les voleurs dans le carnaval », raconte la chanson du Dolphin’s Band cette année, en référence à l’expression créole « plus voleur qu’un chat ». 
Plus loin dans la même pièce, le groupe revient sur la mauvaise gestion du fonds PetroCaribe. « L’argent du pétro était là, mais les enfants du pays l’ont gaspillé », ironisent-ils à propos des responsables de ce fonds.
Alors que Port-au-Prince a annulé cette année la tenue de son carnaval, Gilbert Trazil croit que l’annulation de celui de Jacmel ferait trop de tort à l’économie locale. 
« Il ne faut pas oublier que Jacmel, c’est la ville du carnaval. Il y a des gens pour qui c’est leur seul moment plaisant pour se défouler et se déstresser dans l’année. Pour d’autres comme les artistes ou les marchands, c’est une source de revenus importante. »
— Gilbert Trazil, de la fanfare Dolphin’s Band
Même si la ville, réputée pour sa scène artistique bouillonnante, a retrouvé un semblant de calme cette semaine, peu de touristes étrangers sont attendus pour admirer les gigantesques masques de papier mâché qui vont défiler aujourd’hui. Les artisans commencent généralement la préparation de leurs œuvres de trois à six mois à l’avance.
« Le pays est dans un état déplorable, ajoute Wesly Tibab pour expliquer la grogne populaire des derniers mois. Les prix montent sans qu’on sache quand ça va s’arrêter. Les Haïtiens souffrent. On n’a pas d’argent. Mais, pour nous, c’est le carnaval qui nous permet de vivre. »
Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.

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Belle merveille

Une belle merveille pour défier la misère

James Noël dit le chaos avec brio

Le Temps, Isabelle Rüff
13 octobre 2017

Sept ans, pendant sept ans, James Noël a retourné dans sa tête, son cœur, ses tripes ce qui était advenu de son pays, Haïti, depuis le 12 janvier 2010, quand un séisme a ravagé l’île, faisant des centaines de milliers de victimes. Le choléra est venu parachever l’œuvre meurtrière du tremblement de terre. Puis, en 2016, l’ouragan Matthew est venu balayer les tentatives de reconstruction. Comment faire de cette accumulation de malheurs une «belle merveille», la tisser dans un récit qui ne soit pas déploration, accusation, gémissements?

L’esprit papillon

James Noël est poète. De nombreux recueils en témoignent, dont le dernier paru est La Migration des murs (Galaade, 2016). Avec sa femme, l’artiste Pascale Monnin, il anime la belle revue IntranQu’îllités. Avec Belle Merveille, il s’aventure dans le roman. «Belle merveille», en Haïti, signale un événement extraordinaire, en bien ou en mal. Bernard, le narrateur, en a vu, de ces merveilles, surtout les catastrophiques. Il n’en peut plus, il se sent «désaccordé» au milieu du «grand bordel du siècle». Il en veut aux dieux du vaudou qui ont déclaré forfait, même Papa Loko, l’esprit papillon, qui aurait dû prévenir le malheur, pap pap pap papillon, pap comme Port-au-Prince sur les billets d’avion.

Casques bleus népalais

Il va s’en aller, Bernard, à la suite de sa belle Amore, l’Italienne qui œuvre depuis longtemps en Haïti. Il la suit jusqu’à Rome, laissant derrière lui le chaos, le déferlement des ONG, les avions par milliers amenant «tout un flot de charognards, plus redoutables que les vautours, les aigles, les laiderons et les chouettes» et toute une volière d’oiseaux «venus en bons sauveurs, avec la mine triste, les larmes faciles» tirer profit de la misère, la revendiquer pour leur compte. Mais il revient pour raconter l’indicible. James Noël morcelle le vécu, donne la parole à ceux qui ont vécu le séisme et ses suites. Il se fait sarcastique face aux bonnes paroles venues d’ailleurs. Il dénonce l’incurie, le choléra amené par ceux-là même qui étaient envoyés pour aider, les Casques bleus népalais.

Histoire d’amour porteuse d’espoir

Le récit avance par saccades, par répliques – petites scènes haletantes, poèmes en prose, cris de colère, dérision, lyrisme. Au centre de ce tourbillon fleurit une histoire d’amour, joyeusement sensuelle, porteuse d’espoir, qui émane assez d’énergie pour secouer le marasme, évincer les charognards, reprendre son destin en main. C’est ce que dit ce roman juvénile, poétique, jaillissant de belles merveilles, parfois obscur à force de lyrisme et de ruptures, toujours généreux.

James Noël, «Belle Merveille», Éditions Zulma, 150 p.

 

https://www.letemps.ch/culture/2017/10/13/une-belle-merveille-defier-misere?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article

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HONNEUR À GÉRALD BLONCOURT

GÉRALD BLONCOURT,FRANC-TIREUR DE L’IMAGE” REÇOIT LA LÉGION D’HONNEUR

Haïti – Politique : 27/03/2015 11:49:26

George Pau-Langevin, la Ministre française des Outre-mer, a remis cette semaine les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Gérald Bloncourt (88 ans), photo-journaliste, écrivain, peintre et poète d’origine haïtienne (né le 4 novembre 1926 à Bainet, Sud-Est d’Haïti), infatigable militant défenseur des droits humains, fondateur et secrétaire-général du Comité pour la Défense des droits de l’Homme et de la démocratie en Haïti, et vivant en France depuis les années 40.

LE REGARD ENGAGÉ DE GÉRALD BLONCOURT

À vingt ans, artiste et leader des journées révolutionnaires qui secouent Haïti en 1946, Gérald Bloncourt doit s’exiler en France pour échapper à une condamnation à mort par la junte militaire qui a pris le pouvoir. Devenu photographe, membre du PCF et responsable photo du service politique de l’Humanité, il décide de faire de son objectif une arme au service de son combat humaniste.

” JE NE SUIS PAS UN MARCHAND DE PHOTOGRAPHIE, JE SUIS UN FRANC-TIREUR DE L’IMAGE “

L’appareil au poing, que ce soit pour l’Humanité puis l’Avant-Garde, ou le Nouvel Observateur, il témoigne, dénonce et prend parti.

Dans son discours de circonstance Gérald Bloncourt a déclaré « […] A l’annonce de cette distinction, quelques amis ont ironisé le fait que j’accepte de recevoir cette médaille, considérant que j’avais toujours été un rebelle, toujours en marge des actes officiels. Certains m’ont cité en exemple quelques refus célèbres de personnalités auxquelles je n’oserais pas un instant me comparer. J’ai considéré, que venant d’un petit pays tellement meurtri et balloté à travers des péripéties douloureuses, mais aussi historiquement glorieuses, ayant passé ma vie à lutter pour ces fameux “ lendemains qui chantent ” évoqué par Gabriel Péri, devant le peloton d’exécution nazi, n’ayant jamais lâché prise pour poursuivre l’ex dictateur déchu Duvalier et les sbires qui lui ont succédés, ayant sans trêve, avec mon appareil photographique, mon stylo, mes pinceaux, tenu ma place aux créneaux des luttes pour une société fidèle aux Lumières, je pouvais sans rougir accepter ce titre de Chevalier de la légion d’Honneur.

Je le considère comme une distinction importante, surtout parce qu’elle est décernée à celles et ceux que je viens d’évoquer. Dans cette période violente et cruelle que nous traversons, je veux voir à travers cet hommage qui m’est adressé, la reconnaissance de ma fidélité à nos valeurs universelles et à mon combat pour leur défense […] »

LIEN VERS LE BLOG DE GÉRALD BLONCOURT
Gérald Bloncourt est né à Bainet en Haïti le 4 novembre 1926. Les activités d’artiste du jeune Bloncourt le disputent à celles liées à ses engagements militant aux côtés de Jacques-Stephen Alexis, deux des principaux leaders de la révolution haïtienne de 1946. Après le départ du Président Lescot et la prise du pouvoir par l’armée, il est arrêté et expulsé vers la France ou il s’installe a Paris

Depuis Paris, il s’insurge contre la dictature des Duvalier. En 1986, l’année de son premier retour en Haïti après la chute de « Baby Doc », il publie chez Nathan « La Peinture haïtienne », en collaboration avec Marie-José Nadal-Gardère. Il est Président du Comité des Livres pour Haïti qui récolte plus d’un million de livres pour le pays. Depuis lors, Gérald Bloncourt a effectué une dizaine de voyages dans son pays natal. En 1987, il devient Fondateur et secrétaire-général du Comité pour la Défense des droits de l’Homme et de la démocratie en Haïti.

Présent sur internet dès ses débuts, son site web www.bloncourt.net/ présente certains de ses clichés, de ses peinture, des témoignages sur les événements de janvier 1946 en Haïti, sur la dictature des Duvalier et sur le bicentenaire de la révolution haïtienne.

POUR ACHETER UN LIVRE DE GÉRALD BLONCOURT SUR LE SITE DE MÉMOIRE D’ENCRIER

BloncourtChezMemoire

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Armement

«Les arts et la culture sont des armes puissantes de construction massive» dixit Michaëlle Jean

Haïti-Libre: 7 mai 2014

Dans le cadre de la 68e Assemblée Générale des Nations-Unies qui a pris fin mardi 6 mai, le débat thématique de haut niveau sur « Culture et développement durable dans l’agenda de développement Post-2015 » s’est ouvert lundi, au siège des Nations Unies à New York.

Après une brève mise en contexte de cette activité, Irina Bokova, la Directrice Générale de l’Unesco,, a insisté sur la nécessité de prendre en compte la dimension culturelle dans les programmes de développement soulignant que « Lors de la déclaration du Millénaire en 2000, aux Nations Unies, la culture a été oubliée dans le débat comme si l’humanité pouvait s’épanouir sans la culture. Depuis lors, en moins de dix ans, la culture s’est imposée dans les politiques publiques démontrant son potentiel économique et social, et surtout son impact direct pour réduire la pauvreté. »

« Aujourd’hui, ce qui est en jeu désormais, ce n’est pas le développement seulement ; mais le développement durable et inclusif. Et la culture est notre meilleur atout » a ajouté la Directrice de l’Unesco qui croit nécessaire d’inclure la culture dans l’agenda de développement post-2015.

Dans son intervention, Michaëlle Jean, l’Envoyée spécial de l’Unesco pour Haïti a estimé que « la culture doit prioritairement figurer dans l’agenda du développement de l’après-2015 ».

Selon Mme Jean, « Les arts et la culture sont des armes puissantes de construction massive » mettant en évidence le patrimoine culturel haïtien « Le Gouvernement haïtien rêve de moyens suffisants pour construire des quartiers, des villages avec des services et des espaces publics conviviaux, des constructions de qualité qui témoigneraient de la fulgurance des modes d’expression, de la capacité de faire, capacité d’innover de la population, »

Elle a par ailleurs exprimé ses préoccupations sur l’approche trop souvent adoptée par la Communauté Internationale estimant que « les solutions toutes faites imposées au pays en développement, dans une sorte de charité mal ordonnée sans tenir compte de la volonté, ni de l’identité, ni de la clairvoyance, ni de la créativité de la population sont inévitablement vouées à l’échec. »

Haïti était représenté à ces assises par Marie Carmelle Rose Anne Auguste, la Ministre Déléguée auprès du Premier Ministre Chargée des Droits Humains et de la Lutte contre la Pauvreté Extrême. Dans son intervention, elle a insisté sur l’importance de la langue et de la culture créole, tout en rappelant que « c’est par la culture et la langue que les gens se découvrent des affinités, une identité commune, des rêves communs ». Elle en a profité pour déplorer l’attitude des « bailleurs de fonds et des États qui se montrent souvent réticents à investir dans des campagnes de communication assurant la promotion de la culture d’Haïti et la promotion de sa langue nationale (le créole) »

Soulignons que la Ministre Auguste, également artiste, avant son de commencer son intervention a interprété la chanson traditionnelle haïtienne « Fè yon vèvè pou mwen Damballah Ouèdo se bon », une initiative originale, chaudement applaudie par l’assistance.

http://www.haitilibre.com/article-11095-haiti-culture-les-arts-et-la-culture-sont-des-armes-puissantes-de-construction-massive-dixit-michaelle-jean.html

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TI-PARIS

TI-PARIS
1933-1979

Ti-Paris est un musicien troubadour de Jacmel. Ses chansons sont souvent reprises par les groupes de Kompa, même si peu de gens connaissent l’origine de celles-ci.

Ti-Paris et sa guitare est un véritable chef-d’œuvre créé par l’une des légendes de la musique haïtienne. Magnifique jeu de guitare accompagné de maracas, cet album est un reflet du blues haïtien à son meilleur.

La musique de troubadour n’ayant jamais été faite en studio, tout se passe dans les cours (lakou) haïtiennes, dans les années 50 et 60, lors de petites réunions improvisées. Une guitare minime mais inventive et envoûtante, inspirée par la tradition Rara et Vaudou. Sa voix cassée par trop de clairin au clair de lune haïtien, Ti-Paris chante le blues éternel de la pauvreté, des joies simples, et la romance. Ces chansons sont toujours fredonnées en Haïti et partout dans la diaspora.

Cet album est réédité pour la première fois en vinyle par David Lamarche (Backroom :  magasin de disque clandestin) avec l’aide de Little Axe records de Portland OR, une filiale de Mississippi Records.

Un geste d’amour pour le partage de la bonne musique.