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HAÏTI- Comprendre la crise

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HAÏTI – Comprendre la crise

Jules Girardet

mercredi 4 décembre 2019, mis en ligne par colaborador@s extern@s

Depuis plus de trois mois, Haïti vit un mouvement de protestation sans précédent. Le gouvernement est mis en cause et le pays est littéralement bloqué, les Haïtiens parlent de «peyi lók» en créole. La population haïtienne réclame le départ du président Jovenel Moïse, accusé de corruption. Ces journées insurrectionnelles se sont soldées par de nombreux affrontements, une très forte répression policière et une radicalisation de l’opposition politique, dans l’indifférence médiatique et le silence de la communauté internationale. Cette vague de mobilisation a débuté il y a déjà plus d’un an. Retour sur les raisons de la colère du peuple haïtien.

Chronologie d’une crise insurrectionnelle

- Juillet 2018 : au point de départ de ce nouveau cycle de contestation, on retrouve la tentative avortée du gouvernement haïtien d’augmenter le prix des carburants à la pompe par le retrait de la subvention sous l’injonction du FMI en juillet 2018. Après trois jours d’émeutes violentes, le gouvernement, dont la légitimité était déjà contestée, a dû reculer. Dès ces premières journées de manifestation, la «vie chère» est dénoncée en Haïti. Une large partie de la population a gagné les rues, bloqué les principales artères de la capitale et des villes de province ainsi que les routes nationales pour demander des comptes à l’État et exiger une amélioration des conditions de vie.

- Octobre-novembre 2018 : à la dénonciation du coût de la vie, se sont greffées les revendications de justice sur la gestion des fonds PétroCaribe, rendant ainsi la lutte contre l’impunité et la corruption les vecteurs de mobilisation les plus forts à partir des mois d’octobre et de novembre 2018.

- Le scandale PetroCaribe : PetroCaribe était un accord de coopération solidaire impulsé par le Venezuela au milieu des années 2000. Il prévoyait l’importation par Haïti et d’autres pays des Caraïbes à des conditions de paiement aménagées, permettant aux bénéficiaires de dégager des ressources pour des investissements sociaux. Ainsi, une partie du pétrole devrait être payée au comptant et une autre partie à un taux préférentiel de 1% dans un délai de 17 à 21 années. Cette somme équivaut aujourd’hui à une dette de plus de 4,2 milliards de dollars américains. Les projets de développement censés être réalisés avec les ressources émanant de ce dispositif n’ont pas été menés à bien. La dilapidation de ces fonds a eu lieu en grande partie sous le gouvernement de Michel Martelly, le mentor du président actuel, Jovenel Moïse. La publication par la Cour des Comptes d’un rapport sur le dossier Pétrocaribe a démontré un détournement massif, systémique et orchestré des fonds entre 2008 et 2018. Ce scandale a donné naissance au mouvement des Petrochallengers qui réclament un procès contre les responsables de la dilapidation de ces fonds.

- Février 2019, peyi lock 1 : dès février 2019, la mobilisation anti-gouvernementale connaît une autre dynamique. De plus en plus de voix exigent non seulement la vérité sur les fonds PétroCaribe mais aussi la démission du président et de son premier ministre. À partir du 7 février, date symbolique du départ du dictateur Jean-Claude Duvalier en 1986 et du deuxième anniversaire de l’investiture du président Jovenel, les manifestations massives ont lancé le «peyi lock» érigeant des barricades dans l’ensemble des villes et axes de communication. Les «Petrochallengers», et l’opposition politique sont convaincus qu’aucun jugement concernant PetroCaribe n’est possible sous Moïse, directement impliqué dans les détournements de fonds selon le rapport de la Cour des Comptes. Ces trois semaines de blocage auront eu pour conséquence de nombreux morts et blessés, ainsi que d’un coût économique et social élevé pour la population.

- Depuis septembre 2019 à fin novembre, peyi lock 2 : les mobilisations se sont massifiées et aucune sortie de crise n’est plus aujourd’hui envisageable sans le départ du président Jovenel Moise. Les écoles, les universités, les administrations et la plupart des entreprises n’ont pas rouvert depuis septembre. Les services de collecte des déchets ne fonctionnent plus dans les grandes villes.

Une crise multidimensionnelle et exceptionnelle

Au-delà du caractère chronique des crises politiques et sociales en Haïti, aujourd’hui il faut souligner le caractère protéiforme et unique des événements. La crise est à la fois institutionnelle (l’État haïtien est failli), politique (une perte de légitimité et rejet du pouvoir et des élites, une corruption généralisée), économique et sociale (pauvreté et insécurité, inégalités structurelles qui sont au cœur de la colère populaire).

Des conditions de vie dégradées

Cette effervescence sociale trouve ses racines dans l’effondrement socio-économique du pays.

  • 60% de la population survit avec moins de deux dollars par jour.
  • Une inflation à plus de 20% et la monnaie nationale, la gourde haïtienne, a perdu plus d’un tiers de sa valeur par rapport au dollar en moins d’un an dans un pays qui dépend en grande partie des importations.
  • 40% des Haïtiens sont en condition d’insécurité alimentaire.
  • Une pénurie de combustible, de biens alimentaires, de médicaments, d’eau, d’énergie aggravée dans ce contexte actuel de blocage du pays.
  • Une émigration massive malgré la fermeture des frontières, à la recherche de meilleures opportunités économiques.

Fausses solutions

Les mesures proposées par le gouvernement pour calmer la colère populaire entretiennent les causes structurelles de la crise haïtienne. Ainsi pour compenser le coût élevé de la vie, la proposition du gouvernement repose sur la baisse des taxes d’importation des produits alimentaires, notamment du riz, renforçant ainsi davantage la dépendance haïtienne aux biens importés, en provenance essentiellement des États-Unis. Cette solution fragiliserait encore davantage la petite paysannerie haïtienne soumit à une concurrence déloyale et à un dumping favorisés par les élites économiques qui tiennent le contrôle des entrées et sorties des marchandises du pays.

Une montée de la violence

L’insécurité s’est généralisée et ce nouveau cycle de violence implique à la fois des gangs armés, des forces de police et des personnalités proches du pouvoir. C’est ainsi que deux massacres, à ce jour impunis, ont eu lieu dans des quartiers populaires de la capitale, à la Saline et Bel-Air, causant respectivement la mort de 71 et 15 personnes. De nombreuses bandes armées, bien souvent de mèche avec le parti politique au pouvoir, se battent pour le contrôle des territoires et terrorisent la population. Ces gangs, qui participent du trafic de drogues et d’armes, ont profité du chaos créé par le peyi lók pour rançonner et piller. Depuis septembre, l’ONU a décompté 42 morts, dont 19 imputables aux forces de l’ordre, dans le cadre des manifestations, et 86 blessés.

Un gouvernement corrompu et illégitime à la tête d’un État failli

Si la cause immédiate de la crise actuelle est la combinaison d’une hausse des prix des carburants et de la révélation d’un scandale de corruption majeur, en réalité les raisons du soulèvement populaire qui remontent beaucoup plus loin. Élu avec seulement 18% de participation (quelque 500 000 voix sur une population de plus de 6 millions de personnes en âge de voter) à l’issue d’un processus électoral chaotique, le président Jovenel n’a jamais joui d’une grande légitimité. Ses promesses électorales n’ayant jamais été suivies d’actes, la population a nourri une rancune contre son gouvernement associé aux multiples scandales de corruption. L’État est aujourd’hui inopérant, effondré, aucun service public ne fonctionne. L’État ne s’est pas reconstruit sur des bases saines et durables, mais au contraire a été capté par une élite qui l’a mis à son service. D’autre part, L’État, gangréné par la corruption, agit en véritable prédateur contre sa population. Tous les deniers publics sont accaparés par la classe politique, en pleine connivence avec l’élite économique du pays. Ainsi le sentiment d’impunité a grandement exaspéré la population haïtienne déjà indignée des liens de complicité entre les autorités politiques et les groupes mafieux du pays.

Faire table rase du système actuel?

C’est dans ce contexte qu’un discours de changement de système a émergé. Ce discours prend racine dans l’exclusion systématique des masses paysannes et des quartiers populaires par les élites du pays. Au-delà de la démission de Jovenel Moïse, ce rejet du système politique et des élites, assimilées à l’État, est animé par une haine de classe. Ce discours s’est exprimé sur les réseaux sociaux, dans les manifestations et sit-in organisés sur la voie publique, dans les propositions de sortie de crise. Ce désaveu des élites s’accompagne aussi d’un ressentiment contre la communauté internationale : le sentiment général est celui d’une dépendance par rapport à l’aide internationale – en déclin – et qui n’aurait fait que nourrir la corruption d’un État incapable de subvenir aux besoins de sa population. En outre, l’avenir d’Haïti reste jusqu’à ce jour à la merci de la communauté internationale. Le gouvernement ne bénéficie que du rare appui du Core Groupe constitué des États-Unis, du Canada, du Brésil, de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Union européenne, de l’ONU et de l’OEA. L’ingérence des États-Unis dans les affaires haïtiennes est constamment dénoncée par les mobilisations populaires qui ont bien pris conscience que le décideur ultime dans le maintien ou non du président n’est autre que le puissant voisin nord-américain.

Parier sur le renouveau de la société civile

Autre élément frappant de cette crise : le soulèvement d’une jeunesse, révoltée contre un système inique créateur de frustrations. L’émergence de nouveaux acteurs de la société civile avec un rôle croissant des réseaux sociaux dans les mobilisations a considérablement renouvelé les modes d’actions collectives en Haïti. Cette jeunesse urbaine et connectée, sans illusion d’un avenir meilleur et confrontée aux contradictions d’un système reproducteur d’une élite prédatrice, s’est mobilisée autour de demandes fortes : fondation d’une société plus juste, plus égalitaire, avec de meilleures conditions de vie pour l’ensemble de la population. La crise aura eu le mérite de décloisonner la réflexion et le travail entre différents acteurs de la société civile. L’union d’acteurs divers et pluriels de la société haïtienne depuis le secteur privé, en passant par les églises, les syndicats, les associations paysannes, les organisations de femmes, de défense des droits humains, etc., près de 10 ans après le séisme ravageur à Port-au-Prince, qui s’unissent pour discuter du vivre-ensemble, d’un développement alternatif et de l’avenir du pays est un élément nouveau et sur lequel il serait intéressant de parier et de bâtir dans une Haïti en sortie de crise.

Jules Girardet est chargé de mission pour les Caraïbes au CCFD – Terre Solidaire.

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Byenveni an Ayiti

Texte de Vanessa Destiné

Un grand peuple qui essaye de sauver ce qui lui reste de dignité

Aux yeux des Occidentaux, ce pays est un foutoir. Une république de bananes, le terrain de jeu des ONG, un shithole country à la merci des dictatures et/ou des intempéries. Oui, cette perle a perdu de son éclat, mais sa valeur sur l’échiquier mondial est loin d’être uniquement déterminée par le poids des billets verts. Byenveni an Ayiti.

POUR COMPRENDRE CE QUI SE PASSE EN HAÏTI

Non, il ne sera malheureusement pas question de Wakanda dans ce texte. Le mois de l’histoire des Noirs achève et j’ai envie de vous parler d’un État qui existe pour vrai. Vous le savez, ça brasse encore en Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques. Depuis le début du mois de février, les chaînes d’info en continu font défiler des images de jeunes hommes en colère, armés de gourdins, en train de saccager des commerces ou d’affronter des policiers dans les rues de Port-au-Prince. Les manifestants dénoncent la corruption au sein du gouvernement haïtien et la baisse du pouvoir d’achat qui fait qu’une bouteille d’eau se vend présentement 10 piasses dans les dep’ de la capitale.
Same old, same old, me direz-vous.
Sur les réseaux sociaux, les commentaires un peu beaucoup racistes vont bon train. Je ne les répéterai pas ici, mais essentiellement, on se demande pourquoi les nègres qui partagent une frontière avec la si jolie République dominicaine ne sont pas capables de se prendre en main. Or, pour comprendre ce qui se passe en Haïti aujourd’hui, il faut remonter à la découverte des Amériques…en 1492.

LE SYSTÈME ESCLAVAGISTE

Si je vous évoque l’expédition de Christophe-Colomb dans le Nouveau-Monde, vous tenez peut-être pour acquis que le navigateur est débarqué sur le continent. Mais c’est plutôt dans les Caraïbes que notre boy a commencé son aventure américaine. Il est d’abord passé par Cuba avant de se ramasser sur une pas pire grosse île qu’il a baptisé « Hispaniola ». Sauf que l’île avait déjà un nom, donné par les Autochtones qu’on appelait les Taïnos : Ayiti. En 1517, il n’y avait déjà presque plus de trace de ces derniers sur l’île. Il aura fallu seulement 25 ans aux Espagnols pour les exterminer. Or, Haïti regorgeait encore de belles choses.
À cette époque où on tuait son voisin pour des épices et des fourrures, vous comprendrez que de tomber sur un pays débordant de sucre, de tabac, de café et d’or, c’était pas mal le jackpot. Sauf que pour exploiter toutes ces belles ressources, il fallait des bras. On ne pouvait pu vraiment compter sur les Autochtones et ce ne sont certainement pas les Espagnols qui allaient se mouiller. Dès 1502, on va donc chercher des « renforts » sur le continent africain. La traite négrière est officialisée en 1517. Les Espagnols boudent un peu la partie ouest de l’île (pas de cités d’or donc pas d’intérêt). Cette portion et les eaux qui la bordent deviennent peu à peu le terrain de jeux des flibustiers anglais, néerlandais et français. Pirates des Caraïbes, ça vous dit quelque chose?
Bref, des corsaires français flairent la bonne affaire et s’installent tranquillou sur l’île. Bien vite la rumeur d’un nouveau territoire à exploiter se rend jusqu’à la cour de France et cette dernière, forte des explorations des flibustiers, revendique la souveraineté. Hispaniola est divisée en deux : à l’est la portion espagnole et à l’ouest, la portion française qui porte désormais le nom de Saint-Domingue. Sous la gouverne française, la traite négrière s’intensifie et alimente le commerce triangulaire.

LE COMMERCE TRIANGULAIRE

Grosso modo, c’est une structure qui nourrit les relations et le rapport de force (politique, économique et social) entre le pays colonisateur et les pays colonisés. Le pays colonisateur, appelé métropole, amène de l’argent, des bijoux, des armes ou de l’alcool en Afrique en échange d’hommes, de femmes et d’enfants.* Ces derniers sont transportés en Amérique par bateau, enchaînés de préférence, pour exploiter les matières premières dans les colonies. C’est le volet esclavage. Les matières premières sont ensuite envoyées par bateau vers la métropole pour l’usage/la transformation/la revente puis le cycle recommence.
*Les esclaves ne sont pas toujours achetés par les marchands d’esclaves locaux. Ils sont parfois enlevés directement par les Européens lors de raids. On estime qu’entre 7 et 11 millions d’Africains ont été arrachés de leurs terres dans le cadre de la traite négrière.

L’esclavage c’est sale. C’est pas juste des personnes forcées de travailler sans salaire. L’esclavage, c’est la torture au quotidien et les viols à répétition. C’est l’humiliation, la déshumanisation et l’assimilation. Le mythe de l’esclave bien traité par son maître miséricordieux? Une exception, pas la règle. En Haïti, entre le 16e siècle et le 19e siècle, des gens naissent esclaves et meurent esclaves : le statut se transmet de génération en génération. La colère aussi. Un constat s’impose : vaut mieux mourir libre que de vivre en esclavage.

LA RÉVOLTE DES ESCLAVES

Toussaint-Louverture, architecte de la révolution haïtienne (source : Wikicommons), puis Jean-Jacques Dessalines
L’idée de révolution germe sur l’île dès 1791, inspirée par ces nouvelles de soulèvements populaires qui viennent de l’Europe et des États-Unis.
Les révoltes commencent et opposent trois classes de citoyens : les esclaves noirs qui se libèrent par la force versus les colons blancs (fermiers et bourgeois) et les « mulâtres » qui détestent aussi les Blancs, mais qui se sentent supérieurs aux Noirs.
Le coup final (et sanglant) contre le colonisateur est porté en 1803. Elle se solde par la défaite des troupes françaises de Napoléon aux mains de celles de Jean-Jacques Dessalines, un esclave devenu général. Toute est dans toute.
J’aimerais vous dire qu’après ça tout est allé pour le mieux, que les Haïtiens sont devenus maîtres de leur destin et que le fuckaillage que l’on voit dans nos écrans en ce moment résulte de troubles récents.

LA DETTE

Malheureusement après l’indépendance proclamée en 1804, Haïti est demeurée enchaînée à la France par l’entremise de la « dette d’indépendance » aka un dédommagement demandé par la France à la suite de la perte de sa colonie la plus rentable. On parle d’une somme de 150 millions de francs-or (l’équivalent de 21 milliards de dollars aujourd’hui) payés par un pays déjà pillé et lourdement endetté à cause de la guerre. Il aura fallu 125 ans à la Perle des Antilles pour rembourser 60% du montant. La somme restante a été annulée par la France.
Nice.
Je vous entends vous demander pourquoi les Haïtiens se sont abaissés à payer la somme après avoir si chèrement payé leur liberté. La réponse est simple : les autres pays esclavagistes se sont rangés derrière la France par peur de voir des soulèvements dans leurs propres colonies. Haïti, nation déjà dépourvue d’infrastructures, s’est retrouvée isolée, pillée, incapable d’exporter ses produits.
Du côté politique, c’était pas super jojo n’ont plus : les « mulâtres », plus éduqués et plus rattachés à la France, ont rapidement pris les rênes du pays, maintenant ainsi la population noire dans la pauvreté la plus totale.

LES DICTATURES ET L’INGÉRENCE ÉTRANGÈRE

S’enchaînent donc des décennies d’instabilité politique, des tensions avec le voisin dominicain (le pays est passé sous contrôle haïtien durant un temps lors de la révolution), des coups d’État où tout le monde veut sa part du gâteau, des catastrophes naturelles (le pays est situé en plein sur une grosse plaque tectonique), près de 20 ans d’occupation américaine durant lesquels l’économie haïtienne est en partie contrôlée par Washington, puis encore des années d’instabilité. On entre ensuite dans l’ère des dictatures et des gouvernements corrompus avec le règne des Duvaliers, il y a d’autres coups d’État, encore une intervention des États-Unis, des régimes fantoches, l’aide au développement chargée d’intérêts, des ouragans, un tremblement de terre majeur, le choléra amené par les Casques bleus des Nations unies, des scandales sexuels impliquant des ONG et des services de police étrangers (allô la GRC, la SQ et le SPVM)…ouf. Vous comprenez maintenant? Si vous étiez prisonnier d’un pays partagé entre l’ingérence étrangère et les régimes autoritaires, un pays qui n’a jamais eu la chance de souffler un peu et d’écrire sa propre histoire, vous auriez peut-être le goût vous aussi de descendre dans la rue et de tout crisser en feu.

HAÏTI AUX HAÏTIENS

Parmi les slogans qu’on entend dans les rues de Port-au-Prince, ces jours-ci, il y en a un qui résonne particulièrement : « Haïti aux Haïtiens ». La prochaine fois que vous tomberez sur des images de ce qui se passe en Haïti, mettez un peu vos réflexes de colon de côté. Non, c’est pas juste des Nègres qui se battent pour des bidons d’essence. C’est quelque chose comme un grand peuple qui essaie de sauver la dignité qui lui reste et qui en a marre d’être exploité de part et d’autre par les grands de ce monde en échange de quelques miettes de marde.

https://medium.com/tabloid/la-premi%C3%A8re-r%C3%A9publique-noire-du-monde-5c1b7f92f47

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Prendre le temps du développement ? »

L’aide au développement en Haïti

Session de sensibilisation à la vie coopérative, Baptiste, Plateau Central, Haïti

 

Synthèse d’une conférence organisée le 6 juin 2017 par l’AFD.

Haïti est 163e au classement par indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement ; c’est le seul pays de la zone Amérique latine et Caraïbes à l’IDH inférieur à 0,5. Pour l’AFD, agence de développement active depuis quarante ans dans le pays, il est nécessaire de « tirer les enseignements inévitables d’un échec de l’aide à Haïti » pour améliorer l’accompagnement du Gouvernement dans la conduite des réformes (H. Conan).

Les projets de développement se construisent sur le temps long par essence « pour développer pas à pas des réformes, des stratégies, des compétences » (H. Conan). L’ancien coordinateur des Nations unies en Haïti, J. Boutroue, rappelle qu’il est normal que le changement prenne vingt ou trente ans de soutien et d’accompagnement constant. En Haïti, le problème est que la progression est régulièrement mise à mal par la succession de catastrophes naturelles et d’épisodes politiques difficiles : un cyclone frappe le pays environ tous les trois ans, mettant à mal des fondations structurelles à peine établies. Peut-on pour autant en conclure que « l’aide au développement a du mal à s’accommoder avec les urgences » ? (P. Robert) En tout cas, tous les acteurs s’accordent à dire qu’il faut repenser l’aide en Haïti pour envisager l’avenir.

 

« Est-ce qu’Haïti pourrait se passer de l’aide publique au développement ? » (P. Robert)

L’ancien premier ministre d’Haïti, J.-M. Bellerive, refuse de céder aux sirènes du dénigrement de l’aide internationale. Le pays a « souvent eu le nez hors de l’eau grâce à la coopération » alors que « ni le Gouvernement, ni la population elle-même, n’étaient en mesure de répondre aux besoins primaires d’une population » (J.-M. Bellerive). Pour A. Lescot, l’aide a « permis à énormément de personnes de vivre et de survivre  » mais elle reconnaît qu’il est compliqué d’envisager l’après des programmes d’aide mis en place suite aux catastrophes. Cette complication est liée en partie à la « confusion entre aide et reconstruction » selon l’ancien premier ministre.

L’ancien premier ministre J.-M. Bellerive soutient que « l’adéquation parfaite entre projet et plan de développement est extrêmement rare, même dans le cadre national » : il y a parfois des modifications en cours d’exécution suite à une nomination ou à un événement naturel qui change les priorités. « Les structures internationales doivent aider le Gouvernement à prioriser ses objectifs et à se tenir à ses objectifs, ce qui est spécialement compliqué dans un pays de fragilité extrême. » (J. Boutroue)

Après quarante ans d’aide internationale ininterrompue dans le pays, une « dépendance à l’aide (…) s’est développée [en Haïti et] est devenue une norme » (A. Lescot). La Banque mondiale a d’ailleurs reconnu que « l’aide internationale encourage souvent le statu quo » (J. Boutroue) et limite elle-même son propre effet de levier. La succession des missions onusiennes en est l’illustration. Pour Michèle Oriol, sociologue haïtienne et secrétaire exécutive du Conseil interministériel d’aménagement du territoire d’Haïti, la « présence onusienne constante est éminemment ambiguë » et il en découle ce qu’elle appelle une « irresponsabilité partagée » : l’État et les Nations unies se renvoient la balle sur le choix des priorités.

 

Comment agir efficacement pour le développement ?

Face à la faiblesse de l’État haïtien et à l’échec des programmes de développement jusqu’aujourd’hui, le soutien aux structures locales peut représenter une alternative viable pour les acteurs de l’aide : « si l’on cherche un accélérateur de développement, il faut cibler les régions, les arrondissements, etc. » (J. Boutroue). Pour Anne Lescot, il faut peut-être envisager d’« adopter plutôt une politique du petit pas, et pas uniquement élaborer des grands plans structurels (…) qui dépendent du Gouvernement. » (A. Lescot) À l’AFD, la sélection des projets soulève déjà ce type d’interrogation sur l’essaimage possible de projets locaux réussis : «  les projets appuyés permettent-ils de présenter au Gouvernement des démarches qui pourraient être amplifiées à plus large échelle pour essayer de trouver les voies du développement d’Haïti ? » (H. Conan).

L’influence de la société civile est un levier à activer : il passe par le renforcement de ces acteurs. « La reconsidération des acteurs locaux [par les organisations internationales] (…) est la condition sine qua non pour influencer le Gouvernement. » (A. Lescot) Pour J.-M. Bellerive, « une action concertée de la société civile » est indispensable mais celle-ci n’est pas assez organisée pour avoir une influence réelle. Mais il soutient que « c’est l’un des centres éventuels d’une sortie d’Haïti de ces problèmes récurrents de sous-développement. »

Cette conférence a eu lieu mardi 6 juin 2017 à l’AFD.

Les échanges ont été animés par Philomé ROBERT, journaliste haïtien, intervenant sur France 24, journaliste sur RFI.

Sont intervenus : Jean Max BELLERIVE, Premier Ministre d’Haïti de 2009-2011 ; Joël BOUTROUE, Coordinateur général des Nations unies en Haïti de 2006 à 2009 ; Hervé CONAN, Directeur du département Amérique Latine et Caraïbes de l’AFD ; Anne LESCOT, Anthropologue et documentariste, chargée de mission Haïti à la Fondation de France

Retrouvez la synthèse de la conférence dans son intégralité.

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

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FRANZ SAINTELLEMY

Un immigrant d’Haïti donne au quartier St-Michel un coup de pouce “haute technologie”

Paul Delean, La Gazette de Montréal
Publié le: 11 mai 2015 (traduit par jcs)

FranzSaintellemy

Le quartier St-Michel de Montréal n’a pas la réputation d’être une ruche de haute technologie, mais Frantz Saintellemy n’a pas hésité à y enraciner son empire commercial en plein essor.

Il a été élevé à St-Michel après avoir déménagé d’Haïti à Montréal comme enfant, et il a gardé un vif attachement à ce quartier doté d’une grande population d’immigrants, mais largement sous-estimé par beaucoup.
“Mes amis pensaient que j’étais fou de m’y installer. Le bâtiment (sur le boulevard Crémazie E.) était en mauvais état. Vous aviez besoin d’une vision pour en voir le potentiel. Mais je voulais me prouver que c’était possible le faire, qu’il existe d’autres modèles de succès (pour la communauté noire) que ceux d’athlète ou d’animateur, que c’est possible d’être un professionnel de haut niveau et de venir de Saint-Michel.”
Franz Saintellemy couramment bilingue, 41 ans, en est la preuve vivante. Lorsqu’il a emménagé à St-Michel il ne parlait ni français ni anglais, ce qui ne l’a pas empêché de faire ses études en génie électrique à l’Université de Boston et au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.). Il a travaillé d’abord aux États-Unis pour la société de semi-conducteurs Analog Devices, puis est retourné à Montréal en 2004 en tant que directeur de la technologie pour l’une des plus grandes entreprises technologique du Québec, Future Electronics.
Il y a quatre ans, Saintellemy a décidé qu’il était temps de se débrouiller seul, d’abord comme consultant, mais son but ultime était de créer une entreprise créant des produits uniques.

Lire la suite (en anglais)

http://montrealgazette.com/business/immigrant-from-haiti-gives-st-michel-a-high-tech-boost
150511FranzSaintellemy

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La récolte de café commence en Haïti

Photo: Donald Donazald, responsable production de UCOCAB

La récolte de café 2016 commence

Grâce à une saison des pluies qui a favorisé la floraison du café au cours des 3 derniers mois, la récolte de café  commence cette année un peu plus tôt dans la région de Baptiste.
Les observations faites dans les parcelles de production sont encourageantes pour les producteurs et pour nOula cette année car on prévoit récolter le double de ce qui a été récolté l’année passée.
Ceci vient récompenser les efforts déployés par les producteurs pour régénérer les plantations qui ont été sévèrement endommagées par le fléau de la rouille caféière au cours des dernières années.

Les acteurs du mouvement coopératif se mobilisent

Les producteurs de notre partenaire UCOCAB (Union des Coopératives de Café de Baptiste), s’affairent donc déjà fébrilement à remettre en opération les centres de dépulpage des 7 coopératives membres du réseau et à mener une campagne de sensibilisation visant l’ensemble de la communauté de cette belle région, dans le but d’expliquer l’importance stratégique du mouvement coopératif dans le contexte actuel.

Le double défi de la contrebande et du dérèglement climatique

Les producteurs relèvent en effet un double défi depuis quelques années: celui de régénérer leurs plantations dont 75% des caféiers ont été tués par la rouille (résultat du réchauffement climatique), et celui de « capturer » une partie des énormes quantités de café (30% de la production nationale) qui disparaissent du pays par contrebande vers la République Dominicaine.

Activités de sensibilisation

Nous avons donc participé cette semaine à des activités de sensibilisation organisées par UCOCAB dans les localités les plus proches de la frontière afin motiver les membres des coops à participer activement à la vie associative au sein de leurs coops et aussi à convaincre d’autres producteurs à joindre le mouvement coopératif et à y diriger leur production caféière.

Le réseau de partenaires

UCOCAB, Singing Rooster, Kok Ki Chante, nOulacoop, Root Capital et LWR appuient conjointement les producteurs dans cette démarche cruciale et déterminante pour le développement économique, social et environnemental de la région de Baptiste.

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Forum Social Mondial: coopératives et éco-agriculture

Mondialisation solidaire du mouvement coopératif

Au Forum Social Mondial (du 9 au 14 août 2016 à Montréal) nous avons eu le privilège de rencontrer des producteurs de café de coops d’Amérique Latine. Suite à ces rencontres inspirantes, nous avons l’objectif de mettre en place une collaboration directe entre une coopérative du Honduras et notre réseau de producteurs en Haïti, UCOCAB de la région de Baptiste. Dans le cadre de cette collaboration triangulaire entre coopératives du Québec, d’Amérique Latine et d’Haïti, pourraient commencer dès cet automne des activités de formation, d’échange et de transfert technologique « de paysans à paysans » sur les pratiques d’éco-agriculture caféière développées au cours des 20 dernières années au Honduras.

Résultats de 20 ans de pratiques d’éco-agriculture caféière

Ces producteurs étaient il y a 20 ans, précisément là où en est UCOCAB aujourd’hui: ils produisaient difficilement 4 conteneurs de café par année. Aujourd’hui ils en produisent annuellement 180, d’un café biologique et équitable de haute qualité. Résultat d’autant plus remarquable qu’il fut réalisé sans aide gouvernementale, uniquement  grâce à l’accès direct au marché équitable et au soutien fourni par Coop Coffees. Ce faisant ces producteurs ont bâti, en plus d’un éco-système équilibré capable de résister aux effets du réchauffement climatique, une communauté solide, autonome et efficace qui est maintenant engagée à aider d’autres coops de production à atteindre les mêmes résultats. Dans cette coop, le rendement moyen en café par hectare est 15 fois supérieur au 250 kg par hectare qui est la moyenne en Haïti.

Collaboration de paysans à paysans, et de coop à coop

Cet automne cette coopérative du Honduras va donc élargir son cercle d’influence pour y ajouter Haïti. Résultat de la pertinence de cette mondialisation du mouvement coopératif. Voila une bonne nouvelle que nous voulons partager avec les producteurs de café haïtien, mobilisés pour relancer la production.

Remerciements à Guylaine Pelletier de Café Cambio coopérative de travail et à l’équipe de Coop Coffees (Monika Firl, Florent Gout et Felipe Gurdian) pour avoir facilité ce rapprochement Québec-Haïti-Amérique Latine.

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Entrepreneur de l’année Haïti 2015

Haïti – Économie : Récipiendaires des Prix « Entrepreneur de l’Année»
28/01/2016 09:35:47 Haïti Libre
Pascal Registre, entrepreneur de l’année 2015

Pascal-Registre-2

Mardi 26 janvier, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté près de 600 invités du gouvernement et du secteur privé, a eu lieu la remise des Prix de la 6ème Édition de « Entrepreneurs de l’Année »
Le Prix de l’Entrepreneur de l’Année 2015 a été décerné à Pascal Registre.
Denis O’Brien, Fondateur et Président du Groupe Digicel, a décrit M. Registre comme étant « non seulement un entrepreneur inné, mais le genre d’hommes qui n’a jamais oublié les racines de sa réussite, sa propre communauté […] Quand vous regardez l’histoire de Pascal Registre vous savez que vous avez devant vous quelqu’un qui saisit chaque occasion, perçoit toutes les possibilités, et est prêt à affronter le monde afin de faire de ses rêves une réalité. C’est le genre de personne, qui peut aider à faire évoluer positivement le profil économique d’Haïti […]
Dans ce contexte, il est particulièrement réconfortant de constater que bien qu’il se soit établi aux États- Unis, Pascal a senti ce besoin de revenir en Haïti et a mis sur pied une entreprise là où les emplois étaient le plus nécessaire, dans son Artibonite natale. J’espère que beaucoup d’autres suivront son bel exemple ».
En 1986, Pascal Registre a ouvert la Brasserie de Liancourt (Bralia), une usine de fabrication de blocs de glace à Liancourt. En 1999, il lance la marque d’eau potable « Elite » suivie en 2002, d’Elite Soda, disponible dans 7 saveurs de fruits de la Caraïbes.

Il dispose aujourd’hui d’une usine d’embouteillage dernier cri, et emploie 60 personnes directement et jusqu’à 1,000 indirectement en haute saison. Il consacre maintenant 80% de son temps en Haïti à gérer l’expansion de son entreprise.
« Pascal Registre est exactement le genre d’entrepreneur auquel nous pensions quand nous avons choisi le thème du concours de cette année : Soyez les leaders du changement », a déclaré le Président de Digicel Haïti, Maarten Boute.
Les Prix de 2015 ont été décernés dans cinq catégories. En plus d’avoir remporté le titre d’Entrepreneur de l’Année 2015, Pascal Registre a également remporté le Prix dans la catégorie industrie.
Dans la catégorie Agriculture & Environnement, le Prix a été remporté par Pierre François Benoît, qui, après avoir mené une carrière comme militaire et diplomate a mit sur pied « Les Jardins Hydroponiques d’Haïti », jouant le rôle de pionnier en ce qui a trait à la culture des plantes hors sol.
Dans la catégorie Construction, le Prix a été décroché par Jean Odelin Ordelus de « OD Peint Groupe Construction », qui a lancé son entreprise à 19 ans seulement, avec un seul pinceau pour tout actif et qui a travaillé sans relâche au point de devenir un chef de file dans ce domaine en Haïti.
Dans la catégorie Services, le Prix est allé à Jean Conille de « Gazel / Autogas ». Ce dernier ayant été tellement interpellé par l’ampleur de la déforestation quand il est revenu du Canada qu’il a entrepris de remplacer l’utilisation du charbon de bois par celle du propane subventionné.
Et le Prix pour la catégorie Émergente, a été attribué à Myrna Verdier de « La Ferme des Antilles », qui a construit l’un des poulaillers les plus ultra-modernes d’Haïti et qui est maintenant en train de mettre sur pied une « ferme-école » caribéenne, afin d’enseigner aux enfants les rudiments de l’agriculture et du développement durable.

HL/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-16446-haiti-economie-recipiendaires-des-prix-digicel-entrepreneur-de-l-annee.html

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SUD-SUD

     Tibed Yujra,   CECOVASA (Pérou) et Dieubon Verdieu,   CMIA Thiotte (Haïti)

Le commerce direct tel que pratiqué par les acheteurs solidaires de pays du nord (comme nOula, Café Cambio et Cooperative Coffees au Canada) permet de tisser des liens de collaborations et de coopération entre les coopératives de producteurs qui sont leurs fournisseurs. Exemple la présence en Haïti de Tibed Yujra: il a passé plus d’un mois à parcourir les principales zones de production caféière au cours de l’automne 2013 afin de sélectionner les échantillons qui ont servis aux dégustations de café lors du premier Forum International de Caractérisation du café haïtien.

Notre modèle d’affaire inclusif permet la rencontre et la collaboration d’individus de plusieurs pays qui sont connectés par le café et qui partagent les objectifs suivants:

  • Développer les capacités humaines, techniques, et organisationnelles pour assurer la sécurité alimentaire en améliorant la production agricole et en fournissant des biens et services ;
  • Appuyer et consolider les infrastructures agricoles de base telles que : routes, systèmes d’irrigation et de drainage, fermes agricoles ;
  • Développer des mécanismes capables d’assurer l’exploitation rationnelle et durable des ressources naturelles du milieu ;
  • Promouvoir l’entrepreneuriat agricole chez les producteurs en général et les jeunes en particulier et offrir une plateforme de services, de réseautage et de partage des connaissances à l’échelle de l’agro-industrie ;
  • Appuyer le circuit de commercialisation par l’organisation des différents niveaux de production en passant par la collecte et la transformation.

Thiotte, Coop CIMA

Thiotte, Coop CMIA

Voir le vidéo sur le Forum de Thiotte (Solidarité Internatiionale, Filière café, Haïti) sur la page d’accueil de notre site

Lien vers un article du Nouvelliste sur l’importance de la coopération Sud-Sud pour le développement agricole durable:

 

 

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Alerte-Rouille

Haïti-Agriculture : La rouille orangée compromet les récoltes de café et de bananes à Belladère

Correspondance Shella Chauvette

Belladère, 14 juin 2014 [AlterPresse] — Les habitantes et habitants du quartier Baptiste sont terrifiés par une maladie dénommée la « rouille orangée », qui compromet les récoltes de café et de bananes, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.

Le cattura, le café pays, et le café arabica, cultivés en majorité en altitude de 900 à 1,450 mètres, par les petites productrices et petits producteurs, sont en danger par rapport à la progression de la « rouille orangée » dans les plantations, l’une des particularités néfastes de cette maladie étant qu’elle peut faire disparaître toute une variété de café.

« Il y a un champignon à l’intérieur des feuilles, qui change sa couleur initiale, compromettant presque toute cette plantation. Je ne sais pas ce que je vais faire, c’est ma seule source de revenu », se plaint Serge Ducas, habitant de Baptiste, appelant le gouvernement à se pencher sur cette situation.

La rouille orangée est une maladie foliaire, provoquée par le champignon Hemileia Vastatrix.

Pour l’éliminer, il est souvent recommandé de pulvériser des fongicides cupriques ou d’avoir recours à des variétés résistantes.

Le quartier Baptiste (relevant de Belladère) compte plus de 8,000 hectares en café.

Mais, il n’y a pas que le café à subir les dégâts de la rouille orangée.

Les plantations de bananes sont également affectées.

« Les plantes ne peuvent pas se développer à cause de la rouille orangée. Avec quoi vais-je prendre soin de ma famille ? Ici, à Baptiste, c’est l’agriculture qui constitue notre livret de banque. Si l’Etat n’intervient pas, ce serait alors la catastrophe ! », considère Cyril Dieufète, habitant de la zone.

3.6% du territoire national est consacré à la culture du café. La valeur des exportations officielles de café est de 5 millions de dollars américains et celle des exportations informelles vers la République Dominicaine se situe entre 5 et 10 millions de dollars (US $ 1.00 = 46.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui), selon les chiffres datant de fin 2013.

Les autorités sont au courant des dégâts provoqués par la rouille orangée, maladie à laquelle elles ont consacré un atelier durant l’été 2013.

En 2011, l’utilisation de fongicides avait permis de ralentir la progression de la maladie qui a recommencé à faire des dégâts l’année suivante.

A Baptiste, en plus du café et de la banane, les paysans produisent une diversité de légumes, comme le chou, la betterave, le mirliton et aussi des haricots. Mais, ils ont peu d’accompagnement technique.

« Pendant que le gouvernement prône la relance de la production nationale, il devrait insister sur les potentialités en produits locaux dans le quartier Baptiste », suggère Michel-Ange Estiverne, habitant de Baptiste. [sc kft rc apr 14/06/2014 11:30]

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Haïti-Futur

Un bel exemple de solidarité internationale

Haïti – Éducation : Électricité et éducation numérique dans 500 écoles rurales
14/05/2014 10:34:26

Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) en partenariat avec le Ministère des Travaux Publics, Transports Énergie et Communication (MTPTEC) va apporter électricité et l’Éducation Numérique dans 500 Écoles publiques rurales.

Rappelons qu’en 2011, l’ONG « Haïti Futur » s’était rapprochée du Ministère de l’Education afin de promouvoir de nouvelles méthodes d’enseignements performantes et contribuer à la formation d’un plus grand nombre d’élèves en Haïti. Les premiers tableaux numériques interactifs ont été alors installés dans plusieurs écoles fondamentales désignées par le ministère.

Devant l’intérêt des élèves pour ce nouveau système, qui intègre la version numérique des manuels d’école officiels, en français et en créole, le Ministère a reçu un don de 500 tableaux numériques du Gouvernement français, d’une une valeur de 1,5 millions de dollars américains. Se posait alors la question des besoins en électricité pour alimenter tous ces équipements.

Présents dès le début de l’initiative aux côtés du Ministère, l’ONG Électriciens Sans Frontières (ESF), a pu mobiliser ses partenaires industriels autour de ce projet, apportant une grande partie des équipements énergétiques complémentaires indispensables à ce projet (matériels électriques et panneaux photovoltaïques, un don en nature de ESF au Gouvernement d’Haẗii de près d‘1,5 millions de dollars américains), pour l’électrification de 500 écoles rurales répertoriées par le MENFP dans les 10 départements du pays, dans lesquelles seront placés ces technologies numériques.

Afin de permettre de concrétiser ce projet, le Ministère des Travaux Publics a décidé de collaborer avec le MENFP dans l’achat des équipements complémentaires, l’installation de l’ensemble des matériels et la formation du personnel enseignant devant l’utiliser. Ce financement, qui avoisinera les 4 millions de dollars américains pour l’ensemble du programme, a été possible grâce au projet PRELEN1, un don de la Banque Mondiale à la République d’Haïti, pour notamment développer l’accès à l’énergie dans les zones rurales.

A travers ce vaste projet, plus de 300,000 élèves de la première à la troisième année fondamentales vont bénéficier de cette nouvelle technologie pédagogique et près de 3,000 enseignants seront formés, pour dispenser 700 heures de programmes par année dans chacune des écoles. Chaque établissement possédera sa propre installation permettant de faire fonctionner l’équipement numérique, mais également d’avoir accès à l’électricité pour l’éclairage rendant possible l’ouverture des salles de classe à des cours du soir ou à des activités ludiques (informatiques, cinématographiques, internet).

Le déploiement des installations est prévu sur une période de 18 mois à raison de 50 écoles équipées toutes les 6 semaines. Ces installations solaires et électriques seront réalisées par des entreprises haïtiennes, générant un potentiel de création de 50 nouveaux emplois directs.

HL/ HaïtiLibre